Présentation

Créé en 1989, au sein du Fonds Social Juif Unifié, institution reconnue d'utilité publique, le Fonds Annie et Charles CORRIN, se propose par la remise d'un Prix annuel de récompenser un travail pédagogique sur la Shoah : travail d'enseignants et d'élèves réalisé dans le cadre de la classe, ou initiative de caractère associatif en liaison avec la jeunesse. Il soutient toute action éducative entreprise pour que les jeunes générations gardent vivante la Mémoire de la Shoah.

Dans le climat actuel de banalisation et de relativisation, de la Shoah, ce Fonds se veut avant tout l'outil d'un combat didactique :
  • Pour préserver la mémoire de la Shoah, sa spécificité et son universalité
  • Pour contribuer à faire comprendre pourquoi et comment Auschwitz doit être le lieu d'une mémoire active, afin d'inciter les nouvelles générations à une réflexion politique et morale sur le passé, et plus encore, sur le présent
Ainsi, un enseignant participant au concours constate :
Contrairement à ce que d'aucun pourrait croire, le génocide reste l'un des sujets les plus méconnus de la Seconde Guerre Mondiale. C'est cette ignorance qui explique à nos yeux le relatif succès des thèses révisionnistes. En effet pour organiser depuis quelques années un séminaire sur la Shoah, j'estime aujourd'hui qu'il n'y a pas de défi révisionniste. Le seul défi est un défi pédagogique. 
Il est impératif que chacun, juif ou non juif, connaisse et réfléchisse sur ces heures sombres de l'histoire récente pour éviter que l'humanité ne soit à nouveau entraînée dans un comparable naufrage, car, ainsi que le disait Karl Marx :
Ceux qui ne connaissent pas l'Histoire sont condamnés à la revivre. 
Pour les responsables du Fonds Annie et Charles Corrin, le défi est clair :
Faire que ce Prix soit le rendez-vous de tous ceux, jeunes et adultes, qui auront choisi la vérité contre le mensonge, la mémoire contre l'oubli. 

Charles Corrin était convaincu que ce travail de mémoire se devait d'être mené dans un cadre éducatif, à l'école ou au sein d'une association, là où les élèves sont encadrés par la parole de l'adulte qui transmet un savoir. Il fallait donc que l'action menée par le Fonds Corrin soit reconnue par le Ministère de l'Education Nationale et de fait, le Prix est parrainé par cette instance depuis sa création.

Il était également nécessaire aux yeux de son créateur, que les travaux présentés au Prix Annie et Charles Corrin soient examinés par des représentants du monde de l'éducation et de la communauté des historiens. Ainsi, au fil des années se sont succédé au sein du Jury Corrin des Inspecteurs de l'éducation nationale, des historiens, des enseignants, des intellectuels. Depuis ses débuts le Jury Corrin a connu trois présidents : Monsieur André Frossard, résistant, membre de l'Académie Française aujourd'hui disparu, Madame Simone Weil, survivante du camp d'Auschwitz, ex ministre et Académicienne et Monsieur Boris Cyrulnik, enfant caché, psychanalyste et écrivain.

Dès le départ, les membres du Jury se sont attachés à récompenser des travaux qui dépassent l'aspect émotionnel du sujet de la Shoah pour privilégier une véritable démarche historique dans laquelle ce sont les élèves, davantage que les enseignants, qui s'investissent. L'originalité n'est pas bannie, au contraire, dans la mesure où la fidélité à l'Histoire est complète, et où la notion de spécificité de la Shoah est reconnue.

Et de fait, on a constaté au fil des années une incroyable diversité des supports utilisés par les élèves et les équipes pédagogiques pour mener à bien leurs travaux. On trouve en effet, parmi les projets primés par le passé :
  • Des supports écrits – brochures, enquêtes, mémoires, romans même
  • Des supports oraux sous formes de débat d'idées, de conférence, de spectacle musical ou de représentation théâtrale
  • L'utilisation de l'écrit et de l'image quand il s'agit d'exposition
  • Des supports électroniques qui ont évolué avec le temps : cassettes, CD audio, CD-Rom, DVD, livres électroniques, diaporamas, blogs

C'est que, tout autant que le fond, la forme a besoin d'être travaillée. Le support que les enseignants et les élèves choisissent n'est jamais anodin quand il permet de mettre en valeur l'idée centrale développée dans les différents projets, si tant est que l'outil reste au service du projet.

Cette diversité s'accompagne d'une diversité géographique remarquable. Qui saurait, sans le Prix Corrin, qu'au fin fond de la France dite profonde, parfois dans des villages où n'existe qu'un seul établissement scolaire, la Shoah est un sujet de préoccupation ?


Les Recteurs d'Académies sont en effet le principal vecteur de la diffusion de l'information concernant le Prix. Ce sont eux qui depuis sa création font « redescendre » l'information vers les enseignants, dans leur ensemble. Car l'histoire de la Shoah, qui est au programme des classes de Troisième et de Première, est également étudiée dans une moindre mesure à d'autres niveaux, à l'initiative de professeurs particulièrement motivés et sensibles à ce sujet qui prennent le soin d'adapter leur enseignement à l'âge de leurs élèves. Le Prix Corrin a ainsi récompensé des élèves de primaire ou de classes a priori non concernées par l'enseignement de l'histoire de la Shoah et a reçu des travaux émanant de tous les types d'établissements : du primaire à l'enseignement supérieur, d'enseignement général ou professionnel, du secteur public ou privé.

Sans ces partenaires, les initiatives intéressantes prises par nombre d'enseignants pour apporter à leurs élèves des connaissances approfondies sur le thème de la Shoah passeraient totalement inaperçues.

Le Fonds Social Juif Unifié abrite le Fonds Annie et Charles Corrin depuis sa création

Cela fait donc maintenant plus de vingt ans que cette institution, reconnue d'utilité publique, organise le Prix Corrin. Ce sont les responsables du Département de l'Enseignement – successivement Monsieur Prosper Elkouby, aujourd'hui disparu, et Monsieur Patrick Petit-Ohayon - qui en ont été les premiers coordinateurs. Aujourd'hui, le Prix Corrin est placé sous la responsabilité de Paule-Henriette Lévy, Directrice de l'Action Culturelle du FSJU.